La Communication NonViolente au Pôle Femme-Enfant du GHSIF : une révolution douce au service des soignants et des patients
Actualité
Un partenariat entre La Coop CNV et le Groupe Hospitalier Sud Ile-de-France (GHSIF) qui place l’humain au cœur du soin, pour des équipes plus sereines et des patients mieux accompagnés.
Une réponse à un besoin criant : la violence au quotidien
«On est confrontés régulièrement à la violence. J’avais l’impression que les choses allaient s’améliorer avec le temps, mais en réalité, la violence est toujours là, sous différentes formes». Thierry Jault, ancien chef du Pôle Femme-Enfant, se souvient de la genèse du projet. La rencontre avec Guillemette Porta de La Coop CNV, a marqué le début d’une aventure collective : et si la Communication NonViolente (CNV) pouvait offrir des outils pour désamorcer les tensions, mieux écouter, et transformer les conflits en opportunités de dialogue ?
Dans un univers où stress, urgence et émotions fortes sont le quotidien, la CNV est apparue comme une bouffée d’oxygène. «Savoir communiquer sans violence, c’est vital pour nos équipes» confirme Audrey Fouquet, cadre de santé. «On se doit d’être rassurants pour les patientes et leurs familles, même dans l’urgence. La CNV nous aide à prioriser, à expliquer, et à ne pas ajouter de la violence à la violence».
Un projet né du terrain, pour le terrain
Dès 2016, une première formation test a été organisée pour répondre à des conflits interpersonnels qui pesaient sur l’ambiance du service. «Nous étions 250 professionnels de 10 métiers différents, avec une méconnaissance du travail de l’autre», explique Fabienne Jouatte, actuelle chef du service Gynécologie-Obstétrique. «La CNV nous a permis de nous rencontrer, de briser les silos, et de mieux comprendre les réalités de chacun».
L’approche ? Des groupes pluriprofessionnels, mêlant médecins, infirmières, sage-femmes, aides-soignantes, secrétaires, personnel de nuit et de jour et les différents services du Pôle sans distinction hiérarchique pendant la formation. «On se voit autrement, on se parle mieux», résume Fabienne. «Et surtout, on s’autorise à communiquer, à expliquer pourquoi on prend telle ou telle décision».
«Avant, il y avait des non-dits, des attitudes délétères, des situations violentes non débriefées. La CNV a ouvert la parole», ajoute Audrey. «Par exemple, une équipe choquée par l’attitude d’un médecin a pu, grâce à la CNV, comprendre sa décision et désamorcer les tensions».
Des fruits concrets : mieux vivre ensemble, mieux soigner
Les retours des participants sont unanimes : la CNV apporte des clés précieuses pour le quotidien hospitalier.
- Mieux se connaître, mieux travailler ensemble : «On découvre les contraintes de chacun, on réduit les tensions, on renforce la cohésion», explique Fabienne. «La bienveillance et la bientraitance vis-à-vis des patients est indispensable mais elle doit commencer au sein même de nos équipes».
- Prendre soin de soi pour mieux soigner les autres : «La CNV, c’est une bulle, une respiration, » confie Pauline Soulier, médecin gynécologue, actuelle chef du Pôle Femme-Enfant. « Même si je n’applique pas tout à la lettre, le simple fait d’y penser me permet de prendre 30 secondes avant de réagir. Ça change tout».
- Développer la bientraitance : «Une communication plus empathique améliore l’accueil des familles, désamorce les conflits, et renforce la confiance», souligne Audrey.
« La CNV, c’est comme un garde-fou intérieur. Ça me permet de ne pas répondre violemment, de prendre du recul, » partage Pauline. «Ça m’aide à expliquer mes réactions plutôt que d’exploser».
«C’est une culture commune, une référence partagée. Quand je dis à une collègue ‘un peu de girafe, ça ne ferait pas de mal’, elle comprend tout de suite», sourit Audrey.
Un déploiement progressif et adapté
Depuis 2023, le partenariat entre La Coop CNV et le GHSIF s’est renforcé : formations régulières, modules approfondis, et une demande croissante de la part des équipes. «On en veut encore !», témoignent les participants. Le succès est tel que d’autres services, comme l’Endocrinologie-Diabétologie, ont désormais demandé à bénéficier de ces formations.
«Ce qui est beau, c’est que le projet est né d’une demande du terrain et qu’il se construit pas à pas, en concertation avec les équipes», souligne Thierry.
Et demain ? Une culture partagée et pérenne
L’ambition est claire : faire de la CNV une posture partagée par tous les soignants. «On rêve du jour où on n’aura plus besoin de prononcer le mot CNV, mais où on agira et on parlera naturellement en mode CNV», confie Thierry.
Pour y parvenir, les équipes souhaitent :
- Pérenniser les formations, avec des modules rapprochés et des piqûres de rappel.
- Créer des espaces de bienveillance au sein de l’hôpital, pour que la CNV ne reste pas cantonnée aux salles de formation.
- Étendre la culture CNV à d’autres services, pour que chacun puisse bénéficier de ces outils.
«La CNV, c’est une bulle de douceur dans un monde hospitalier souvent violent. C’est un temps pour soi, pour les autres, et pour le collectif», résume Pauline.
Pourquoi se former à la CNV quand on est professionnel.le de la santé ?
«Parce que chaque formation, c’est deux jours de bienveillance, de rencontre, et de prise de recul», répondent en chœur Audrey et Pauline. «Ça donne des bases communes, ça permet de mieux se connaître, et ça change la façon dont on communique, avec les collègues comme avec les patients».
«Même si on n’applique pas tout, le simple fait d’y penser nous transforme. C’est un outil de prévention du burn-out, de respect mutuel, et de qualité des soins», conclut Fabienne.
«La CNV, c’est une posture intérieure. Elle nous autorise à ralentir, à écouter, et à choisir une autre voie que la violence», ajoute enfin Thierry.
Vous souhaitez en savoir plus ou proposer ces formations dans votre structure ? Contactez-nous : contact@lacoopcnv.com
Article rédigé en janvier 2026, à partir des retours d’expérience de certains membres de l’équipe du Pôle Femme-Enfant du GHSIF et de La Coop CNV. Témoignages de Thierry Jault (médecin obstétricien et ancien chef de pôle), Fabienne Jouatte (médecin gynécologue-obstétricienne et actuelle chef du service Gynécologie-Obstétrique), Pauline Soulier (médecin gynécologue et actuelle chef de pôle Femme-Enfant), Audrey Fouquet (sage-femme coordonnatrice).
Guillemette Porta